Quelle belle brochette !

La dynamique de la Foodtech en France : 3 startups qui témoignent

Le secteur de la foodtech en France est très dynamique et compte désormais plus de 300 acteurs.
Ce réseau thématique de startups aux grandes ambitions qui souhaitent changer notre rapport à l’alimentation et s’attaquent aux anciens us et habitudes à travers le digital et les nouvelles technologies commence à prendre de l’ampleur.

3 femmes représentant 3 étoiles montantes de la foodtech ont accepté de répondre à nos questions et nous aider à mieux connaitre cet écosystème, ainsi que leurs missions et challenges respectifs !
Que du bon !

3 Startups, 3 Missions, UN Combat

On parle depuis des années de transformation digitale. Le développement de la foodtech est une preuve que cette transformation est passée du stade de la théorie (et de thought leadership) au concret pour changer les habitudes de consommation ou en créer d’autres.
Chez Zenchef, Save Eat et My Food Story, les missions ne se ressemblent pas mais le combat est le même: améliorer le quotidien de l’utilisateur et instaurer (restaurer) l’éthique.

Zenchef : Pour « geeker » les restaurateurs !

 

 

 

Servir les restaurateurs et les chefs pour leur faire gagner en indépendance fait partie de l’ADN chez Zenchef depuis sa création en 2011. Avec la digitalisation croissante du secteur de la restauration, l’équipe Zenchef a fait le pari d’aider les restaurateurs à tirer profit au mieux de cette transition numérique. Comment ? En leur permettant d’optimiser le remplissage de leurs salles, mais surtout, en leur permettant de mieux contrôler leur présence sur le web, et plus particulièrement, leurs réservations en ligne. C’est pourquoi le service met à leur disposition un système de réservation sans commission, ni intermédiaire. Aujourd’hui leader européen des solutions de réservation en ligne indépendantes pour les restaurants, le service Zenchef oeuvre à éviter aux restaurants le sort subi par les hôtels, fortement dépendants désormais de plateformes de réservations dont les commissions peuvent s’élever jusqu’à 30% de leur chiffre d’affaires. La solution est utilisée par plus de 4000 établissements en France et en Europe. Parmi eux, des tables étoilées, des restaurants de quartier, des brasseries gérant des centaines de couverts par jour, et des grands groupes.

Save Eat ouvre le combat contre le gaspillage alimentaire

Save Eat a pour mission d’aider les consommateurs à cuisiner sans gaspiller, grâce à son application gratuite disponible sur iOS et Android.

Le principe est simple, l’utilisateur commande via l’application ou scanne ses aliments en faisant ses courses. Les achats sont ajoutés automatiquement dans l’application, qui ajoute elle-même une date de péremption estimée en fonction de la catégorie du produit. Les produits sont ensuite priorisés et c’est ainsi que l’application propose des rappels de dates de péremption et des recettes personnalisées au contenu de la cuisine de l’utilisant, favorisant l’utilisation de produits à DLC courtes.

En parallèle, des ateliers de cuisine anti gaspi on été lancés, qui permettent de sensibiliser davantage les consommateurs au gaspillage alimentaire et de présenter des recettes 100% anti gaspi réalisables au quotidien par tous. Vous pourrez retrouver par exemple, le pesto aux fanes de radis ou le pain perdu façon pizza, c’est à dire des recettes que nos grand mères utilisaient ; elles qui mettaient un point d’honneur à ne rien gaspiller !

 My Food Story: Parce que nos aliments ont une histoire!

Chez My Food Story, il y a cette croyance un peu folle que les consommateurs feraient les bons choix s’ils pouvaient vraiment connaître la provenance de leur alimentation. Si nous pouvions avoir une boussole qui nous guide dans nos achats, les défaillances écologiques et sanitaires pourraient s’améliorer rapidement. C’est ainsi qu’est né My Food Story, un projet qui veut promouvoir les méthodes d’agricultures vertueuses et révolutionner l’acte d’achat des consommateurs en leur donnant un outil efficace pour mieux consommer.

Grâce à My Food Story l’utilisateur peut aller au-delà d’une étiquette ou d’un menu à la composition mystérieuse. Les consommateurs découvrent toute l’histoire de leur alimentation : lieux de production, étapes et procédés de fabrication, de transformation et de distribution. C’est aussi le moyen de découvrir le visage des producteurs qui les nourrissent.

Avec son application web et mobile, My Food Story permet de scanner le code-barres d’un produit alimentaire ou un QR-Code apposé sur son emballage dans les commerces, au restaurant et sur les sites de vente en ligne. Aussi, avec la recherche par géolocalisation, il peut trouver où se vendent des produits transparents autour de lui.

En utilisant l’application My Food Story, les consommateurs maîtrisent vraiment l’origine de leur alimentation !

Au delà de la thématique qui est derrière l’émergence du réseau foodtech il y a aussi des particularités inhérentes au secteur liés notamment aux données comportementales, la méthodologie de développement, etc

Dans le secteur de la restauration  par exemple, on remarque un vrai retard dans la digitalisation ainsi qu’un manque de conscience de la part de certains acteurs de la nécessité de prendre le train du numérique. À titre d’exemple, sur les quelques 10.000 établissements répertoriés dans les guides, 70 % ne proposent pas encore la réservation en ligne; or que 77% des français disent vouloir pouvoir réserver en ligne. Clairement, les habitudes des consommateurs sont en train de changer et revêtent une dimension de plus en plus digitale. Cela est particulièrement vrai pour les millenials (18-34 ans) qui sont à l’origine de 39% des visites au restaurants. Ces derniers passent entre 5 à 6 heures par jour sur leur mobile qu’ils utilisent pour tout. « Ils trouvent dans les services digitaux proposés par les restaurateurs le moyen de consommer à toute heure en fonction de leurs envies du moment », selon The NPD Group, 66% des millenials se font par ailleurs livrer des repas 2 fois par mois. La livraison à domicile est d’ailleurs un service en pleine croissance et devient un véritable phénomène économique auquel les restaurants doivent s’adapter. Selon le cabinet d’études et de conseil Food Service Vision, “Elle pourrait représenter 12 % du marché d’ici à trois ans “.

En plus de ne pas être forcément technophiles et conscients du potentiel du digital, les restaurateurs peuvent rencontrer des contraintes de temps, de budget qui peuvent représenter des obstacles à l’adoption de services numériques.

Les utilisateurs peuvent ne pas être tous technophiles mais ils sont certes tous conscients et soucieux de la provenance et la qualité de ce qui se retrouve dans leurs assiettes.

Laissons les particularités de coté maintenant. Si l’on regarde les 3 startups et les startups du secteur en général le mobile  est souvent ce qui a permis le développement du secteur. Quasiment toutes les startups du secteur disposent d’applications mobiles ou au moins d’un site web responsive et c’est justement le mobile qui a rendu possible de telles fonctionnalités ainsi que la gestion des données des utilisateurs.
Sans le mobile Les utilisateurs n’auraient pas la possibilité de savoir ce qu’ils consomment vraiment et d’avoir des indicateurs qui les aident à décider et faire les meilleurs choix au quotidien, ou de créer des liens avec d’autres utilisateurs engagés et conscients qui souhaitent consommer mieux.

 

Les histoires sont enrichies avec différentes données : photographies, vidéos, vues 360°, vues de drones… Les utilisateurs vivent une expérience à la fois immersive, rassurante et pédagogique. Enfin, il est possible de compléter l’expérience virtuelle en réservant une visite chez les producteurs, tous engagés dans une démarche de transparence et de traçabilité.Partout où il se déplace, le consommateur peut trouver, près de lui, des produits d’origine transparente. L’intérêt de la mobilité dans notre application est d’offrir une expérience sans limite au consommateur. Il dispose d’un outil, toujours dans sa poche, qui lui permet de mieux consommer

Irène khaletzky – PR manager @MyFoodStory

 

Comme les autres startups et les entreprises de tous les secteurs, la foodtech n’a pas été épargné du manque de ressources. Trouver et attirer des profils qualifiés et engagés et qui adhérent à la mission, la vision et la culture de la startup relève du parcours du combattant. Chaque entreprise essaye de contourner ce manque en adaptant une ou plusieurs stratégies comme l’externalisation de certaines tâches ou composantes du projet, recruter des ressources off site ou en régie ou dans une approche de cultivation offrir aux collaborateurs la possibilités de se former sur les compétences dont ils ne disposent pas comme c’est le cas chez zenchef:

 

Nous avons externalisé certains postes techniques et avons également fait la promotion d’évolutions transversales. À titre d’exemple, nous avons soutenu l’une de nos collaboratrices qui faisait partie de la Customer Success team (l’équipe en charge des clients) dans sa volonté de suivre une formation en développement web. Au terme de cette formation, elle a réintégré Zenchef en tant que Product Owner au sein de l’équipe technique. Nous sommes convaincus que la mobilité au sein d’une entreprise n’est pas systématiquement verticale, et qu’elle peut être horizontale.”

Heba Hitti – Directrice de la communication @Zenchef

 

Et qu’en est-il de la sécurité?

Nos 3 startups accordent une attention particulière à la sécurité qui est omniprésente et peut être déterminante de la relation avec les clients et partenaires. La sécurité peut même dicter les choix et les décisions importantes comme le précise Isaure tsasis :

 

De nos jours, la question de sécurité des données se pose dans tous les choix qu’une entreprise fait au quotidien. Cela ne concerne pas seulement des choix techniques inhérents au développement de l’application mais influe aussi sur le choix des prestataires, des partenaires, des outils, des plateformes(…) Nous gérons les données avec rigueur et transparence, conformément au RGPD, depuis la naissance de Save Eat et ne les utilisons que dans le but d’améliorer l’expérience de l’utilisateur sur l’application.

Isaure Tsassis – Co Founder @Save Eat

 

 

Et enfin voilà la question que l’on aime tous : Where do you see yourself in 10 years ?

Chez My food story nous imaginons des supermarchés tous dotés du wifi, permettant aux consommateurs de consulter facilement et en quelques instants toutes les informations qui les intéressent. Les restaurants seront équipés de tablettes permettant de visiter virtuellement les exploitations des produits dans l’assiette. Nous imaginons aussi un lien beaucoup plus resserré entre les consommateurs et leurs producteurs, se connaissant personnellement, travaillant parfois ensemble, dans une relation beaucoup plus humaine et équitable.

Chez Zenchef  l’un de nos objectifs principaux est d’accroître de manière significative le taux de digitalisation des restaurants. Aujourd’hui, 7 restaurateurs sur 10 utilisent encore le papier pour prendre des réservations. Nous aspirons à inverser cette tendance. De plus, nous comptons exploiter l’intelligence artificielle (placement automatique aux tables et optimisation du taux de rotation, envoi automatique de newsletters au bon moment et à la bonne personne…) pour que les restaurateurs qui nous font confiance gagnent encore plus en temps et en efficacité. Enfin, nous allons développer des fonctionnalités qui vont permettre aux restaurants de personnaliser encore plus l’accueil et l’expérience de leurs convives.”

Hier Save Eat était une application. Aujourd’hui c’est aussi une communauté. Demain ce sera un mouvement composé de personnes et d’acteurs contre le gaspillage alimentaire et pour une alimentation plus durable.

 

 

Un grand merci à  Irene , Heba et Isaure pour leur temps et disponibilité: sans elles ce billet n’aurait pas pu voir le jour.

Grâce à vous on en sait plus sur le secteur et on a appris aussi que Foodtech ne se résume pas à l’appareil à raclette 😀 !

 

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