Amine Chouaieb et Wassel Berrayana, entrepreneurs du développement durable

Cinq minutes sont passées et le respect et la considération envers ce jeune homme éloquent et débordant d’optimisme se sont imposés.  Amine Chouaieb n’a que 28 ans et il a déjà derrière lui tout un parcours blasonné. Diplômé des grandes écoles françaises, ce jeune tunisien a un profil d’ingénieur, diplômé de l’EIVP/ESTP, doublé d’une vocation commerciale façonnée sur les bancs de l’École supérieure de commerce de Paris. Une double formation qui lui a permis, avec une équipe d’ingénieurs, de financiers et de consultants de fonder, la start-up Chifco, dont l’épine dorsale est une solution software appelée «InnerJ Solution». Une solution complète de saisie et de contrôle de la consommation électrique qui leur a valu louanges et prix internationaux, tels que le troisième prix Orange Afrique ou encore la quatrième place parmi quelques 1200 entreprises ayant participé à l’Intel Innovation start-up Challenge.

Mais dans le hall de l’hôtel 5 étoiles de Tunis, où il est venu, jeudi dernier, présenter sa solution devant le ministre de l’Industrie, la communauté des entrepreneurs et des diplomates français, Amine Chouaieb a préféré se présenter autrement, et humblement : «  Disons que je suis un jeune entrepreneur ». C’est que pour lui, les diplômes, le périple parisien, la reconnaissance nationale, les prix internationaux ne servent en fait qu’à assouvir sa passion : l’entrepreneuriat. « J’aurais pu rester à Paris, avoir une vie facile, un bel appartement et une voiture… mais c’est pas ça, je ne suis pas fait pour ça… », a-t-il confié.

Ce dont « il est fait pour », le jeune homme le visionne déjà avec la « clarté » de Bill Gates  et l’efficacité d’Habib Bourguiba.

«  Ma profession c’est de donner de la consistance à des idées. Aussi géniales soient-elles, les idées ne sont pas vraiment grand-chose, tout le monde peut en avoir. L’essentiel c’est de les exécuter, de leur insuffler la vie », a-t-il ainsi expliqué, avec une gestuelle preste. Selon lui, c’est bien l’exécution qui donne tout son génie à l’expression: « The power of the Software » (le pouvoir du software), formule magique de Bill Gates, que le jeune entrepreneur tunisien ne perçoit pas comme le plus riche homme du monde, mais plutôt comme étant l’éclaireur de la communauté des entrepreneurs de tous bords.

« Mais en entreprenant, on doit procéder par mile stones, par étapes clés, je voulais dire », a-t-il renchéri, laissant ainsi parler le manager en lui.

Ces « mile stones », qu’il a prononcés avec un américain impeccable (celui de collègues qu’il a récemment rencontrés à l’université de Berkley en Californie dans le cadre de l’UC Berkley Intel global challenge) sont synonyme de « pragmatisme ». D’où la référence et la révérence faites par le jeune tunisien au « premier président, bâtisseur de la Tunisie moderne ».

Ayant en effet opté pour le rêve et le pragmatisme comme devises, Amine Chouaieb, a franchi plusieurs étapes. Son projet et lui, l’entrepreneur s’identifiant souvent à son entreprise, se trouvent actuellement à une étape importante et décisive.

De la conception au déploiement sur le marché

Chifco s’est en effet associé à Proxym-IT, une société d’ingénierie informatique basée au Technopôle de Sousse, pour transformer «  InnerJ solution » en «  InnerJ Box ». Une troisième entreprise, FUBA, rencontrée grâce à l’ambiance du cluster Mécatronique constitué dans l’écosystème du Technopôle de Sousse, a permis en 2012 aux deux entreprises d’installer 30 box à travers le monde, et de réaliser avec succès les phases de tests et d’améliorations.

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Actuellement, le box, le boitier « chef d’orchestre » auquel les appareils énergivores sont connectés, est fonctionnel. Le consommateur peut savoir, paramétrer et contrôler la consommation de chaque machine, de faire ainsi des économies et de réduire de 15% la facture d’électricitéWassel Berrayana, le CEO de Proxym-IT, est certes fier de cet exploit et du concours financier et moral de l’AFD qui soutient par ailleurs la mutation du tissu entrepreneurial national vers la formule cluster. Mais c’est vers l’avenir que le regard de ce jeune manager, par ailleurs deuxième vice-président du cluster mécatronique de Sousse, est rivé. Pour lui, «  il y a encore du chemin à faire et le plus difficile est de commercialiser la solution à grande échelle ».

Les initiateurs de InnerJ Box capitalisent actuellement sur les 1,5 millions de box ADSL existant sur le marché tunisien pour pouvoir y installer leur solution. Mais ceci requiert l’aval des opérateurs télécom et de la STEG. « La STEG peut connecter son serveur aux InnerJ Box des consommateurs et  savoir en temps réel la consommation de chacun », a ainsi expliqué Wassel Berrayana. « Ceci permettrait à l’électricien national de procéder en cas, de surcharge, à des délestages ciblés au lieu de délestages sauvages », a-t-il ajouté.

Aussi rêveur que son associé et « ami », Wassel Berrayana, croit fermement au potentiel énorme de InnerJ Box dans un monde où la « Smart House », la maitrise de l’énergie et la protection de l’environnement sont devenues des revendications de prime importance.

« Trop futuristes, peut-être »? « Pas du tout ». Répondent-ils en souriant. Pour eux le futur est là et ils ont d’ores et déjà commencé à le conquérir.

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